Tatouages au féminin

« Vous avez sûrement déjà vu des marins ou des soldats avec des tatouages au bras ou sur l’estomac. Mais avez-vous déjà vu une femme tatouée ? ». Nous sommes en 1979 dans l’émission canadienne « Femmes d’aujourd’hui », et c’est l’animatrice Rachel Verdon qui parle. Aujourd’hui, plus de 20 % des femmes françaises sont tatouées. Elles sont plus nombreuses que les hommes ! Alors, Pour Elles a eu envie d’en savoir plus. Quelle est l’histoire du tatouage ? Nous avons aussi recueilli pour vous, des témoignages de femmes qui évoquent le sens qu’ont ces signes, ces mots, ces images e(a)ncrées dans leur peau.

Petite histoire du tatouage

Avant de parler du tatouage du 21e siècle, opérons un petit flash-back. Nous sommes en 3 300 avant Jésus-Christ et nous allons à la rencontre du chasseur néolithique Ötzi, le plus vieux tatoué connu. Son corps momifié a été retrouvé dans les Alpes Italiennes. Il était recouvert des traits parallèles, essentiellement sur le bas des jambes. 61 tatouages ont été dénombrés. Ces signes, situés au niveau des articulations, semblaient assurer une fonction thérapeutique. Vous vous en doutez, les techniques n’étaient pas celles d’aujourd’hui, à l’époque, c’était incisions et charbon de bois !

En Égypte, une momie de 2 200 ans avant Jésus-Christ avait le corps entièrement recouvert de motifs décoratifs. Cette fois, ces tatouages semblaient avoir un caractère sacré et religieux.

Nous pourrions aussi parler du tatouage Japonais, l’irezumi. À  l’époque d’Edo, il était synonyme de punition et les criminels étaient tatoués de force. En Russie, le tatouage était un système très codifié dans les prisons et les goulags qui retraçait le parcours criminel des prisonniers.

Quant à l’origine du mot, elle nous vient de Polynésie. Dans les Îles Marquises et en Nouvelle-Zélande, le « Tatau » est une pratique ancestrale qui remonte à 1 300 avant Jésus-Christ. Il symbolisait l’appartenance à un rang social élevé.

Bref, vous l’aurez compris, le tatouage a une histoire extrêmement riche. Elle traverse les frontières, les époques et revêt des formes et des significations très variées.

Le tatouage en quelques chiffres

Le tatouage, longtemps perçu comme une pratique underground dans nos cultures, devient populaire et fun. Nos sociétés modernes l’ont vraiment popularisé à partir des années 80. Pour Elles est allé chercher quelques chiffres intéressants :

– Plus de 3 500, c’est le nombre de studios de tatouage en France.
– Plus de 20 %, comme nous l’avons dit, nous les femmes, nous sommes plus de 20 % à avoir franchi le pas !
77 % d’entre-nous ont choisi des tatouages discrets, non-visibles lorsque nous sommes habillées.
58 %, c’est le pourcentage de femmes qui ont été exposées, en milieu professionnel, à des critiques sur leurs tatouages, et ce, malgré une nette évolution des mentalités.
48 % des Italiens sont tatoués. Malgré un bel engouement en France, nous restons en bas du classement à égalité avec les Allemands et les Grecs.
1891 a vu la naissance de la première machine à tatouer électrique avec de l’encre. Depuis, les techniques ont évoluées et se perfectionnent, finis les dents de requins et le charbon !

Votre histoire, vos tatouages

Petites pièces discrètes ou grandes pièces assumées, le tatouage est avant tout très personnel.  À  chacune de voir quelle importance accorder aux regards des autres. L’idée est d’être en phase avec son choix. Vous l’avez choisi, juste parce que vous le trouvez beau, et souvent parce qu’il est l’expression d’une idée, d’un sentiment, d’une reconnaissance, même d’une appartenance. Sur le bras, la cheville, derrière l’oreille, sur la nuque, le bas du dos, sa place est aussi significative pour vous. Je vous propose de faire un tour d’horizon de témoignages que des femmes ont accepté de nous livrer :

« J’ai 3 tatouages qui symbolisent en effet tous les 3 quelque chose. Le premier, mon envol vers ma vie d’adulte que j’ai fait faire à 19 ans, quand j’ai quitté mes parents (papillon sur l’épaule). Le second la protection et ma renaissance auprès de mon mari (lierre, fée, papillons : du pied au haut du mollet). Le troisième, ma force guerrière contre ceux qui essaieraient de m’abattre (grand tribal sur la largeur du dos). » – Hélène

« J’ai 7 tatouages. Ils représentent beaucoup mes traits de caractère, douceur et force à la fois » – Lætitia

« L’histoire de mes 3 enfants tatoués à vie sur mon poignet gauche. J’ai fait ce tatouage au moment de ma séparation avec leur papa, car une garde alternée a été mise en place. 3 oiseaux qui sortent tout doucement du nid pour un jour prendre leur envol… » – Sylvie

« J’ai le mot RÊVE tatoué dans le poignet gauche. Rêve est déjà un sublime mot… Puis le hasard de ce mot , de la vie, a fait qu’il me résume MOI et mes 3 enfants … nos 4 initiales – prénoms ! Je me le suis fait tatouer en décembre 2018 après des années de réflexion …j’en suis très fière » – Virginie

« Mon tatouage au bas de ma cheville droite, représente un serpent et une rose et un petit papillon , dans mon imagination cela tente à dire qu’autant le serpent comme la rose ne piquent que si on les attaque où les ceuille, cela me représente farouchement , loin de moi les personnes indésirables » – Béatrice

« J’en ai 15, mais celui dont je suis la plus fière c’est celui qui parle de ma maladie » – Hélène

« J’ai des branches et des fleurs de cerisier sur l’épaule le haut du bras et l’omoplate gauche. C’est mon troisième tatouage et je l’ai fait suite à mon divorce. La fleur de cerisier signifie le renouveau donc pour moi une nouvelle vie. Il faut croire que ce tatouage m’a porté chance puisque depuis j’ai refait ma vie avec une personne fantastique qui a accepté mes 2 enfants avec amour et patience. » – Roxanne

« Bonjour, pas encore de tatouages mais j attend de finir mon.protocole de soins de mon cancer pour m’en faire faire un qui sera une fleur de lotus, signe pour moi d une renaissance une nouvelle moi » – Valérie

Je ne vais pas tous vous les citer, mais nous avons ici de beaux exemples très touchants qui donnent sens à ce que nous décidons de graver sur notre peau.

Et vous chères lectrices ?

Et vous chères lectrices, avez-vous osé le tatouage ? Pour beaucoup d’entre-nous, l’idée nous effleure et il faut parfois attendre le déclic, un évènement déclencheur, pour oser. La peur de la douleur est parfois dissuasive. Toutes les parties de votre corps concentrés en terminaisons nerveuses, à la peau très fine sont douloureuses (le ventre, l’intérieur du bras, le dos de la main, le dessus du pied, etc.).

Les tatouages sur les cuisses, mollets, gorge, l’extérieur de l’avant-bras sont beaucoup plus supportables. La meilleure façon de se rassurer est d’aller se renseigner chez un tatoueur professionnel.

Ne procrastinez plus, osez être et faire ce qui vous séduit, n’attendez pas l’approbation des autres, comme vous le conseille notre amie Maud dans son article que je vous invite à parcourir. Le tatouage est intime, vous seules pouvaient décider de franchir le pas !

Racontez-nous votre parcours de tatouées, de tatouées à venir, voire même de tatoueuses ! À très vite !

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