La thérapie par les animaux ou le lien animal-humain

Ils nous consolent, ils nous subissent, ils nous aiment… les animaux nous prouvent depuis la nuit des temps leur dévouement sans condition. De là, est née une forme de thérapie des plus atypiques, la zoothérapie, ou thérapie par les animaux. Qu’il s’agisse d’un processus psychologique entrepris ou simplement du bonheur d’avoir sa bande à quatre (ou deux) pattes chaque jour à ses côtés, le bien-être apporté par les animaux est certifié !

Il était une fois la zoothérapie…

À l’origine de la magie opérée entre l’animal et l’homme, le lien qui se crée entre eux depuis toujours. Et le Docteur Maria Tasana qui a consacré sa thèse universitaire à cet univers, La zoothérapie, une autre thérapie en EHPAD, le résume très joliment dans ses écrits : « De toutes les thérapies qui ont vu le jour ces dernières années, la zoothérapie est peut-être celle qui s’appuie sur l’un des plus anciens et des plus constants phénomènes naturels : le lien étroit qui se tisse entre l’être humain et l’animal ».

Par zoothérapie, il faut entendre démarches thérapeutiques grâce à l’action de l’animal. Ce type de « médiation animale » est exploitée depuis des siècles. Des établissements spécialisés en soins pour troubles mentaux faisaient intervenir les oiseaux, des chats, des chevaux ou des chiens dans leur travail avec leurs patients dès le 19ème siècle.

Mais le terme « zoothérapie » a pris vie « grâce » au chien d’un psychiatre. La scène se déroule au sein du cabinet du professionnel dans les années 50. Alors que Boris Levinson reçoit un jeune garçon, qui s’est réfugié dans le mutisme, sur demande de ses parents qui songent à l’interner, le chien du psychiatre va spontanément vers le garçon. Ce dernier réagit et se met même à caresser l’animal. Les séances suivantes, Jingles, le toutou, est présent et Boris Levinson confirme le pouvoir de bien-être procuré par son chien. C’est ainsi que le spécialiste met en place la zoothérapie, la psychothérapie assistée par l’animal.

La zoothérapie, créatrice d’émotions

Les professionnels sont formels. L’intérêt de la zoothérapie est avéré et même précieux, que les patients souffrent de problèmes psychiques (dépressions, autisme, troubles psychiatriques) ou physiques (personnes en situation de handicap, malentendantes, non-voyantes, accidentées…).

La thérapie par l’animal est aussi utilisée dans le cas de maladies longues face auxquelles le moral est vital afin de mieux les combattre. C’est pourquoi des services de cancérologie font appel à la zoothérapie pour aider les malades à maintenir un bien-être ou à se sentir mieux dans leur corps malgré le cancer. Les institutions dédiées aux personnes âgées telles que les EHPAD ou les maisons de retraite organisent de plus en plus d’activités centrées sur les animaux. Leur présence, comme celle des enfants, stimulent les personnes âgées. Parmi elles, celles qui souffrent de troubles de la mémoire ou de dégénérescence.

Autre contexte où le rôle de zoothérapie se montre plutôt convaincant : la prison. Adultes comme jeunes délinquants parviennent à casser le mur social qu’ils ont érigé mais aussi, et surtout pour les plus jeunes, à apaiser leur « colère ».

En clair, la seule présence d’un animal est génératrice de réactions et d’émotions positives, quelle que soit la situation. Pourquoi ? Peut-être parce que chaque individu se tenant face à ce dernier, à condition que sa santé le permette, est soudain occupé à avoir de l’intérêt pour un autre être vivant que lui.

Et les stars de la thérapie sont…

Depuis des siècles, je l’ai évoqué, les chiens, les chats, les chevaux et les oiseaux sont les animaux les plus communément utilisés lors de travaux thérapeutiques. Rassurants, familiers, ils ne sont pas les seuls à tenir le haut de l’affiche. Les lapins, l’âne, la chèvre ou encore le hamster font partie des animaux très sollicités également. Le point commun de tous ces animaux ? Ils sont protecteurs et doivent être protégés – comme tout animal de toute façon.

Et le chien pourrait monter sur la première marche du podium des stars de cette thérapie. Ce que le psychologue clinicien, Philippe Hofman, explique très bien dans son ouvrage, Le chien est une personne, : « un support idéal pour les projections et les fantasmes et il se pourrait bien qu’il nous comprenne mieux que nous le comprenons ».

Quand je regarde mon chien, Duke, je comprends ce que veut dire le professionnel. Il est attentif, à chaque instant. Quand je me sens mal, je lui en touche quelques mots et il semble compatir comme s’il me consolait ! Quand je suis heureuse ou que je veux le câliner, il est en joie et me le fait comprendre !

Et le psychologue affirme même que les chiens sont des stimulants efficaces. Eux nous attendent, nous montrent leur satisfaction à notre retour à la maison et nous supportent alors qu’ils n’ont pas tant que cela à gagner… pour cause, les chiens sont naturellement comme ça, dévoués. Trop sûrement… Le meilleur ami de l’homme est notre star incontournable.

Le saviez-vous ?
Le lama, petit nouveau

Alors qu’il a une réputation le faisant passer pour un râleur qui a tendance à vite dégainer son crachat, le lama a rejoint le groupe de stars des animaux bénéfiques dans le cadre d’une thérapie facilitée par l’animal. Leur douceur et leur patience sont reconnues.

Les animaux sont nos amis

Selon l’association 30 millions d’amis, 91 % des Français ont déjà ressenti de l’apaisement avec un animal de compagnie, que cela soit le leur ou celui d’un proche. 74 % d’entre eux disent se sentir mieux grâce à ce dernier.

Et ce n’est pas le célèbre Michel Cymes qui proclamera le contraire, persuadé de leur rôle bienfaiteur. J’ai lu un intéressant article lui étant dédié et voici le paragraphe que je voulais retranscrire : « Il y a en France, autant d’animaux de compagnie que d’habitants, 65 millions environ et voici son analyse : les poissons rouges sont les plus représentés. Il suffit d’avoir observé un aquarium au moins une fois dans sa vie pour être convaincu de l’effet apaisant que cela peut produire. »

Ce sentiment de sérénité, on le doit à un fait : chacun de nous est responsable de son animal, ce qui nous confère un rôle actif et réduit ainsi les états physiques ou psychiques négatifs. Se mettre en action et avoir l’impression de contribuer à prendre soin d’un animal aide à avoir une meilleure image de soi. Et si nous nous penchons sur le rôle joué par nos amis poilus sur les enfants, le constat est encore plus flagrant : l’animal de la maison, c’est leur meilleur ami, leur confident. Et c’est à lui que les indiscrétions seront souvent dites et non à nous, parents J.

A lire : Interview Charlotte Bertho-Hervy, comportementaliste animalier à Nantes (44)

Un anti-stress naturel ces animaux !

La palme de l’effet anti-stress efficace est décernée au chat. Ayant trois chats, je confirme que leur présence, quoi qu’ils fassent même si souvent ils dorment (rire), est un vrai bonheur dont je profite chaque jour… Même quand ils font des bêtises, et Prosper, Maukà et Jelly Jedi excellent en ce domaine, je ne peux que les aimer fort ! Accessoirement, ce sont les rois de la maison, même face à Duke, l’Epagneul qui se soumet (éclats de rire) !

À ce propos, la ronronthérapie, vous connaissez ? Derrière ce terme pouvant paraître plus médical qu’il ne l’est en réalité, se cachent les ronronnements de nos félins et leurs actions bienfaitrices sur notre mental. Pour cause, le ronronnement d’un minou stimule la sérotonine, la célèbre « hormone du bonheur » responsable de nos humeurs. Pour beaucoup de scientifiques, les ronronnements de chats et les caresser ont de réelles vertus thérapeutiques et anti-stress. On le doit aussi à la fréquence – entre 20 et 50 hertz – bénéfique émise par ces sons si reconnaissables.

On sait par ailleurs les chats sont les bienvenus dans de nombreux hôpitaux dans le monde. Ces derniers sentent l’état des gens et apportent, à leur façon, un soutien indiscutable. Avez-vous entendu parler de Oscar, un chat qui vivait dans une maison de retraite située dans le Connecticut ? Il semblait sentir arriver le décès imminent des patients et restait près d’eux comme pour les accompagner jusqu’au bout… Incroyable récit qui a fait beaucoup parler.

Chaque jour, mes chats m’apportent du réconfort. Le matin, Prosper me rejoint dans le lit, en général, dans le creux de mon bras, et se met à ronronner ; Maukà finit sa nuit au-dessus de ma tête, allongée comme un loukoum roux et blanc adorable, et Jelly Jedi, la plus sauvage, mais elle a connu un passé difficile – comme les deux autres -, vient réclamer sa caresse. Le soir, Maukà demande ses câlins, Jelly Jedi se rapproche de nous avant de s’endormir et Prosper vient se poser sur mes genoux, toujours en ronronnant. Des anecdotes comme celles-ci, j’en ai d’autres tout au long de la journée. Chaque jour apporte son lot de bonnes et de mauvaises aventures. Grâce à ces quatre (Duke, le toutou) boules de poils, chaque jour est plus doux…

Et le père de la ronronthérapie, Jean-Yes Gauchet, vétérinaire à Toulouse, affirme même que la ronronthérapie « agit comme un médicament, sans effets secondaires ». Alors, caressez votre chat, cha va aller mieux c’est sûr !

Le saviez-vous ?
Les vibrations des chats, guérisseuses

Insolite nouvelle, les vibrations générées par les ronronnements des chats ont été recréées par des kinésithérapeutes dans le cadre de soins dédiés à la cicatrisation osseuse. C’est ce que révèle l’ouvrage de Véronique Aiache, auteure de « La ronronthérapie ». Mais où va-t-on arrêter les pouvoirs extraordinaires de nos amis félins ?

Équithérapie : le cheval qui murmure à l’oreille de l’homme blessé…

Approche thérapeutique, l’équithérapie se dédie à la guérison grâce au cheval. Et les bienfaits de cet animal si emblématique sont multiples. Mieux encore, beaucoup d’établissements, tels que les hôpitaux, ont mis en place l’équithérapie, sous l’encadrement d’infirmiers, d’aides-soignants et de thérapeutes.

Exemples de maux pouvant être apaisés grâce à la thérapie :

  • Dépression
  • Hémiplégie
  • Autisme
  • Paralysie cérébrale
  • Syndrome de Rett
  • Hyperactivité
  • Troubles de l’attention
  • Lésions cérébrales

Dans le cadre de cette thérapie, le cheval prend une part vraiment essentielle : il devient le partenaire du patient. Au-delà de la confiance qu’il parvient à lui apporter, le cheval et l’homme créent un lien étroit et intime, ce que le Dr Maria Tasana détaille dans sa thèse. La thérapie engage chaque patient : il brosse, monte, soigne le cheval. La beauté de ce sculptural herbivore, ajoutée à sa chaleur, sa force et son odeur, contribuent au bien-être des patients et à leur envie de s’ouvrir sur le monde qui les entoure.

Journaliste de talent, plume claire et réfléchie, femme intelligente, jolie, maman et compagne dévouée, Morgane est une cavalière émérite et une passionnée de chevaux. J’ai voulu, pour finaliser le dernier paragraphe de cet article dédié aux vertus thérapeutiques de nos animaux, consacrer quelques lignes à ce qu’elle réalise chaque jour dans l’univers équin. Investie dans une formation en équithérapie éthologique, je lui en ai demandé davantage sur cette nouvelle aventure et voici ce que mon amie m’en a dit : « Je me suis tournée vers cette formation lorsque j’ai acheté une jument pur-sang anglaise tout juste réformée des courses. Je rencontrais des difficultés avec elle, qui me mettaient en danger et lui donnait des habitudes dangereuses. C’est à ce moment-là qu’Andy Booth a lancé sa formation en ligne. Je connaissais déjà un peu Andy Booth mais j’étais trop loin géographiquement pour faire des stages avec lui. Quand il a mis le doigt sur le cœur du problème « Comment le cheval apprend ? » et proposé des solutions tirées des connaissances scientifiques du cheval, je me suis dit que c’était exactement ce dont j’avais besoin. »

La thérapie qu’évoque Morgane, et elle m’a bien précisé ne pas être équithérapeute ni éthologue, est basée sur les retours d’expériences des scientifiques (éthologues, étudiant les chevaux domestiques et sauvages) et est centrée sur les relations avec son cheval. Et Morgane l’explique fort bien : « Le cheval n’a pas de cortex préfrontal ; il n’est pas capable de préméditer une action. Du coup, cela ne sert à rien de lui prêter des intentions telles que « il l’a fait exprès », ni de le prendre personnellement. On essaie de prendre en compte leur capacités cognitives pour élaborer une communication qui soit la plus adaptée possible. Ce qui est efficace et permet d’éviter la violence, la frustration. » Pour Morgane, l’expérience est une réussite et elle confirme : « Je ne regrette absolument pas. Aujourd’hui, ma relation avec le cheval a totalement changé. » Je lui souhaite plein succès dans cette formation step 1 qui lui fera acquérir les trois premiers degrés d’équitation éthologique.

Voilà donc l’article qui, déjà, s’achève… Quelle que soit votre relation avec les animaux, il se peut que vous ayez un jour vécu une expérience inédite avec l’un d’eux (n’hésitez pas à commenter l’article d’ailleurs ;)). Beaucoup, pas forcément aussi pro animaux que moi, m’ont déjà confié avoir vécu des situations surprenantes qu’ils n’auraient pas imaginées. Quand la discussion débute, ils rient au départ mais, au fur et à mesure, le sérieux prend le pas et la conscience que l’animal est un être vivant à part entière comme nous, les humains, ressort…

Je profite de cet article délicieux à rédiger afin de remercier mes animaux d’avoir croisé ma route. Je pense que le destin y est pour beaucoup. Et bien que je les ai tous sauvés d’un passé difficile – Duke à la SPA de Orgeval, dans les Yvelines (je salue très amicalement toute l’équipe, adorable…), Maukà, retrouvée sur le bord d’une route en sang car percutée par un véhicule, Jelly, recroquevillée en pleine forêt et recueillie par une association puis par moi et Prosper, dernier d’une fratrie de chatons décédée dans un jardin en ville… Et je ne parle pas de mes poissons heureux dans leur 120 litres -, je sais une chose : ce sont bien eux qui me sauvent (avec mon mari et ma puce J).

Allez, finissons sur une note presque philosophique avec cette citation de Boris Levinson que j’aime particulièrement tant elle est vraie :

« L’animal ne se nourrit pas d’attentes idéalisées envers les humains, il les accepte pour ce qu’ils sont et non pas pour ce qu’ils devraient être ».

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