Le Female Gaze : naissance d’un nouveau regard

Pour Elles profite de cette nouvelle Journée internationale des Femmes pour parler… des femmes. Nous avons eu envie d’aborder ce 8 mars sous un angle que nous qualifierions de très actuel. Comment ne pas lier le thème de cette session 2020 «Je suis de la Génération Égalité : Levez-vous pour les droits des femmes » et l’actualité de ces deniers mois ?

Nous assistons à une libération de la parole des femmes et à la fin d’une omerta synonyme d’impunité. De nombreux scandales à caractère sexuel dans le monde du sport, du cinéma… sont révélés. Nous avons eu envie, sur un ton un peu plus léger, de parler de la place de la Femme au ciné et à la télé, et de l’évolution du regard de l’Homme, de notre regard. Avez-vous déjà entendu parler du Male Gaze et du Female Gaze ?

Le Male Gaze ? C’est quoi ?

Vous avez récemment vu des vieux James Bond ? Si non, je vous invite à le faire, l’expérience est édifiante. Nos yeux ébahis découvrent toutes ces femmes, magnifiques faire-valoirs d’un héros invincible que rien ne décoiffe. Délicieuses potiches parfois voire souvent malmenées, ces superbes femmes sont le jouet d’un mâle triomphant de tous les méchants.

Autre exemple, plus récent, souvenez-vous de Pamela Anderson dans Alerte à Malibu. Souvenez-vous de ces scènes au ralenti où la belle blonde pulpeuse court sur la plage, lolos rebondissants. Le Male Gaze, c’est exactement ça, une manière de voir la femme comme un objet érotique.

Les hommes dominent sur l’écran, derrière la caméra et aussi derrière l’écran. Cette expression est née en 1975 dans la revue britannique Screen. C’est Laura Mulvey, réalisatrice et chercheuse anglaise dans l’étude des médias qui l’utilisent pour la première fois. Si vous regardez bien, des exemples, il y en partout autour de nous, particulièrement dans des films et des séries plus anciennes. Aujourd’hui, les femmes reprennent le pouvoir doucement, mais sûrement. Le Female Gaze est là !

Le Female Gaze ? Un contre-pouvoir pour nous les battantes !

Oui, le Female Gaze s’impose, les regards et les mentalités changent. Il y a encore du boulot, mais le changement, c’est maintenant (ça me rappelle un truc ça !). Reprenons l’exemple de nos James Bond Girl. Les années 80 voient le début du changement de leur statut. Leurs noms volontairement ambigus, du style Pussy Galore , laissent la place à des noms plus neutres, inspirants le respect comme, par exemple, Natalya Simonova. Leur rôle et leur place aussi changent. Elles prennent le pouvoir, elles sont cultivées, intelligentes. Et révolution dans le monde de cet agent secret « légèrement » macho, sa mystérieuse supérieure M se révèle être une femme !

Qu’il est bon de voir les forces s’équilibrer enfin ! De manière générale, la caméra change et les personnages féminins occupent la même place que celle des hommes. Rôles plus denses, failles, forces, les femmes s’expriment et deviennent les égaux des hommes, loin des stéréotypes. Les séries et le cinéma nous offrent de beaux exemples de personnages féminins inspirantes, dérangeantes, étranges, fortes, bref humaines et vivantes.

Des exemples du Girl Power !

Des exemples qui témoignent du Girl Power au cinéma et à la télé, il y en a de plus en plus. J’ai envie de vous citer un film que je viens de voir récemment : Birds of Prey. Outre le fait que ce soit un peu violent, l’héroïne Harley Quinn crève l’écran avec son personnage borderline et tellement attachant à la fois. Elle est une femme forte et dingue, libérée de tout joug masculin, confrontée à une horde de truands sanguinaires. Ce film très divertissant est une ode assez jouissive (c’est dit !) au féminisme féroce.

Les séries aussi imposent désormais des personnages féminins forts, complexes et très loin des vieux clichés. Prenons l’exemple si parlant de la série Handmaid’s Tale, La servante rouge. Cette série est devenu emblématique, véritable symbole de la lutte pour le droit des femmes à disposer de leur corps. Des féministes du monde entier se sont approprié le costume de ces femmes opprimées, mais résilientes et combatives.

Et puis, il y a plein d’autres héroïnes que nous avons adoré ! Avouons que Carrie, Charlotte, Samantha et Miranda nous ont fait mourir de rire dans Sex and the City. Et préparez-vous à entendre parler de Mrs America. Cette série est consacrée au combat féministe, qui oppose, entre autres, l’icône Gloria Steinem à la très conservatrice et controversée Phyllis Schlafly.

Il va falloir compter sur nous !

Les femmes s’imposent en tête d’affiche, mais aussi derrière la caméra. Aux États-Unis, en 2019, 10,6 % des films du box-office ont été réalisés par des femmes. Nous sommes loin de la parité, mais elles étaient 4,5 % en 2018 alors, apprécions le progrès. En France, nous pouvons nous vanter d’avoir de magnifiques réalisatrices de talent qui s’imposent sur la toile : Sara forestier, Éloïse Lang, Jeanne Herry… pour ne citer qu’elles. Alors, oui nous sommes loin de la parfaite égalité hommes-femmes, oui il y a encore du chemin, mais la tendance change sans aucun doute.

L’ONU Femmes lance une campagne « Génération Égalité : Pour les droits des femmes et un futur égalitaire » qui marque le 25e anniversaire du Programme visionnaire d’action de Beijing. Au ciné ou ailleurs, nous nous devons d’être vigilantes, résilientes et combatives. Nous aussi nous sommes des héroïnes, et il va falloir compter sur nous !

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