L’acupuncture, une médecine douce pour rééquilibrer ses énergies

L’acupuncture est une médecine douce qui attire de plus en plus d’adeptes. Grâce à cette méthode, quelques aiguilles enfoncées dans votre peau peuvent soulager et prévenir de nombreux troubles. Mais cette technique est encore aujourd’hui bien mystérieuse. Voici un tour d’horizon de cette pratique ancestrale.

Qu’est-ce que l’acupuncture ?

L’acupuncture est une médecine empirique qui commence à être proposée dans certains centres hospitaliers comme thérapies complémentaires à la méthode conventionnelle. Elle consiste à insérer plusieurs fines aiguilles métalliques dans la peau et les tissus sous-jacents afin de stimuler des zones précises du corps : les points d’acupuncture. Cette pratique peut être utilisée de manière préventive ou curative. Son objectif est de soulager la douleur ou de traiter différents problèmes de santé. Le mot acupuncture est d’ailleurs issu du latin médical « acupunctura » lui-même formé de « acus », qui signifie « aiguille » et «  punctura » pour « piqûre ».

Elle fait partie des disciplines principales de la médecine traditionnelle chinoise qui sont :

  • acupuncture et moxibustion ;
  • diététique ;
  • massage Tui Na ;
  • pharmacopée (utilisation thérapeutique des plantes médicinales) ;
  • exercices énergétiques tels que le Tai Ji Quan et le Qi Gong.

Vous remarquerez qu’acupuncture et moxibustion sont regroupées dans la même discipline. En effet, en médecine chinoise, une seule appellation fait référence à ces deux termes. Il est d’ailleurs possible de combiner ces deux méthodes. L’acupuncteur peut aussi être amené à utiliser des ventouses ou de l’électrostimulation.

Moins connue, la moxibustion stimule des points d’acupuncture non pas par des aiguilles, mais grâce à la chaleur. Pour cela, le praticien utilise des moxas, c’est-à-dire des bâtons ou cigares d’armoise, une plante connue pour ses multiples bienfaits.

Origines de la pratique thérapeutique

Remontons aux origines de cette pratique. Développée depuis des millénaires, l’acupuncture a été décrite pour la première fois dans l’ancien texte médical chinois Huang Di Nei Jing ou Classique interne de l’empereur Jaune et plus particulièrement dans la deuxième partie intitulée Ling Shu.

En Europe

Il faudra attendre le XVIIe siècle pour qu’elle soit introduite en Europe par Willem Ten Rhyne. Ce médecin hollandais de la Compagnie des Indes l’aurait découverte lors d’un séjour à Nagasaki au Japon. En 1683, la Royal Society publia les résultats de ses observations dans Dissertatio de Arthritide : Mantissa Schematica : De Acupunctura : Et Orationes Tres, la première étude occidentale détaillée au sujet de cette technique. Dans cet ouvrage, Willem Ten Rhyne s’attarde sur la pratique plutôt que sur la théorie.

Au XXe siècle, l’acupuncture devint populaire grâce aux travaux du diplomate et sinologue français George Soulié de Morant qui l’apprit directement auprès d’un médecin chinois, le Dr Yang, lorsqu’il séjournait dans l’Empire du Milieu. La première consultation hospitalière d’acupuncture eut lieu en France à l’hôpital Bichat en 1932. Par la suite, George Soulié de Morant devient un praticien réputé.

En Chine

En Chine, cette pratique considérée comme irrationnelle a été peu à peu abandonnée à partir du XVIIe siècle. Son enseignement fut supprimé du programme du Collège médical impérial par un décret de l’empereur en 1822. Le gouvernement chinois décida même d’interdire cette pratique en 1929. Le développement de l’acupuncture fut donc entravé jusqu’à ce que Mao Zedong la réhabilite en raison du manque de médecins. Dans les années 50, des instituts de recherche en acupuncture ont alors été créés dans toute la Chine et la technique qui était auparavant interdite est devenue disponible dans plusieurs hôpitaux.

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Les grands principes

Selon la médecine traditionnelle chinoise, la maladie est causée par des perturbations du flux d’énergie, appelé « qi » (qui se prononce « tchi »), dans le corps humain. Le fait de stimuler certains points du corps humain permet de libérer ce « qi » qui peut alors voyager à travers des canaux appelés méridiens, harmonisant ainsi l’état énergétique du patient. Le fonctionnement de l’organisme de ce dernier s’en trouve améliorée. Actuellement, cette pratique thérapeutique utilise 361 points d’acupuncture classiques répartis sur les méridiens.

Déroulement d’une séance

Lors de la première consultation, l’acupuncteur effectue un bilan énergétique complet de son patient. Il est alors amené à lui poser des questions sur ce qui l’a amené à le consulter et sur son mode vie, à procéder à des palpations, puis à analyser sa langue ou encore ses yeux. À la fin de cette consultation, il détermine le protocole thérapeutique, le nombre de séances à prévoir, leur fréquence et leur durée.

Lors de la deuxième rencontre, le patient est invité à s’allonger sur le côté, sur le ventre ou sur le dos. Puis, le praticien place des aiguilles sur des points d’acupuncture en fonction des maux à soigner. Ces aiguilles en acier chirurgical inoxydable sont stériles et à usage unique. Le praticien les laisse en place pendant environ 20 à 40 minutes avant de les retirer. Cette technique est le plus souvent indolore, cependant le patient peut ressentir une légère piqûre lors de l’insertion de l’aiguille, puis quelques picotements ou engourdissements. Il peut être accompagné d’une lumière tamisée et d’une musique douce pour se détendre plus facilement. L’acupuncteur peut aussi être amené à utiliser d’autres outils comme des ventouses, des moxas, le laser ou l’électrostimulation. Le patient sort généralement de la séance totalement relaxé.

L’acupuncture est-elle efficace ?

Cette pratique est bénéfique pour un large éventail de maux physiques et de problèmes psychiques et émotionnels. Elle est bénéfique pour le bon déroulement d’une grossesse, le sevrage du tabac, la lutte contre le stress, etc.

Suite à des essais cliniques contrôlés, l’Organisation mondiale de la Santé a établi en 1979 puis en 2002 une liste de symptômes ou conditions pour lesquelles l’efficacité de l’acupuncture a été démontrée :

  • arthrite rhumatoïde ;
  • céphalées et migraines ;
  • cervicalgies ;
  • colique biliaire ;
  • colite néphrétique ;
  • déclenchement du travail ;
  • dépression ;
  • diarrhée ;
  • douleurs faciales, incluant les problèmes cranio mandibulaires ;
  • douleurs post chirurgicales ;
  • dysménorrhée primaire ;
  • effets secondaires de radio et chimiothérapie ;
  • entorses ;
  • gastralgie (ulcère peptique, gastrite aiguë et chronique, crampes gastriques) ;
  • hypertension primaire ;
  • hypotension primaire ;
  • leucopénie ;
  • lombalgies ;
  • nausées matinales ;
  • ostéo-arthrite de l’épaule ;
  • ostéo-arthrite du genou et douleurs rhumatismales ;
  • rhinite allergique ;
  • sciatalgies ;
  • tendinites ;
  • version fœtale.

Comment trouver un acupuncteur compétent ?

Il est important de bien choisir un acupuncteur capable de trouver une solution à son problème. En France, cette profession est réglementée pour que le praticien ne passe pas à côté d’une pathologie grave. Elle ne peut être légalement exercée que par les médecins, les sages-femmes ou les chirurgiens dentistes ayant obtenu un diplôme interuniversitaire d’acupuncture (DIU) ou une capacité d’acupuncture. Pour vous assurer qu’un professionnel a bien suivi ce parcours, vous pouvez vérifier si la dénomination acupuncteur est présente sur sa plaque ou dans l’annuaire. Néanmoins, des écoles privées d’acupuncture se sont développées. En effet, l’exercice de nombreux praticiens non-médecins est malgré tout toléré.

Si vous ne trouvez pas d’acupuncteur compétent par bouche-à-oreille, vous pouvez consulter les fichiers de médecins-acupuncteurs de la Faformec, la fédération des médecins acupuncteurs de France ou de l’association française d’acupuncture.

Quelques mots d’une patiente en acupuncture

Pour terminer, j’ai demandé à Pauline, qui partage également certains articles sur ce blog, de répondre à quelques questions sur son expérience de patiente en acupuncture.

Pourquoi et comment t’es-tu dirigée vers l’acupuncture ?

En réalité, j’ai toujours été attirée par les médecines alternatives. L’acupuncture était donc une découverte de plus sur ma liste, jusqu’à ce qu’une personne de ma famille choisisse de l’étudier et ait donc besoin de s’entraîner.

Quels bénéfices en retires-tu ?

Un équilibre énergétique certain. Si l’acupuncture soigne ou accompagne de nombreuses pathologies, elle permet avant tout de rééquilibrer les énergies (le Yin et le Yang) pour permettre un meilleur fonctionnement du corps et des organes.

Peux-tu nous décrire une séance ?

Bien sûr. Le praticien commence par poser des questions à son patient en lien avec ce qui l’amène et ses habitudes de vie. Dans certains cas, il observe attentivement la langue, sa couleur et sa texture, pour en savoir plus à propos de l’état de santé de la personne assise en face de lui.

Il lui demande ensuite de se mettre en sous-vêtements pour installer ses aiguilles en les piquant au niveau de points stratégiques situés sur des méridiens, lesquels permettent au qi (prononcez « chi »), l’énergie vitale du corps, de circuler.

Une dernière réflexion que tu aimerais partager avec nous ?

On imagine parfois que l’acupuncture est douloureuse à cause des aiguilles. Si quelques ponctures sont désagréables, l’inconfort est vraiment passager, le temps de la piqûre, et les bienfaits réels et durables. L’important étant selon moi, de rencontrer plusieurs acupuncteurs, jusqu’à trouver celui ou celle, avec qui vous vous sentirez vraiment à l’aise.

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