Le droit au repos au travail : osez la micro-sieste !

En seulement quelques minutes, la micro-sieste peut changer le cours de votre journée de travail. Vous sentez que la fatigue s’installe, vous n’arrivez plus à vous concentrer, vous perdez du temps, mais vous ne voulez pas vous autoriser à faire une pause ? Grave erreur… Au travail comme à la maison, il est possible de recharger les batteries en quelques minutes, et de gagner en sérénité et en efficacité. La solution miracle ? La micro-sieste ! Comment faire ? Explications.

Qu’est-ce qu’une micro-sieste ?

Sieste flash, power nap, sieste éclair, quel que soit son petit nom, la micro-sieste est un temps de repos extra-court, d’une durée variant entre cinq et vingt minutes au maximum. Elle permet de placer le cerveau dans une phase de somnolence, voire de sommeil léger, qui correspond aux premières phases du sommeil de l’être humain. En faisant une micro-sieste, il n’est donc pas question de dormir profondément durant deux heures, mais d’entrer dans un état de relaxation, plus que dans un état de sommeil. Une sieste trop longue est contre-productive, comme le serait un médicament administré en trop grandes quantités.

Faire la sieste : une fausse bonne idée ?

Sur le plan de la chronobiologie, il est naturel que l’être humain ressente une baisse de régime après le déjeuner. La digestion capte en effet l’essentiel de l’énergie vitale, au détriment des autres organes, et notamment du cerveau. Bien que l’on se sente souvent  happé par la fatigue qui nous prend dans ses filets, dormir durant la phase digestive est néanmoins une fausse bonne idée. La position allongée est en effet guère favorable au travail que doivent accomplir les organes de l’appareil digestif. Nous devrions au contraire marcher après le repas.

Dans le cadre professionnel, rares sont les personnes qui peuvent organiser leur emploi du temps. Il est par conséquent presque impossible de pouvoir s’accorder une pause de quatre heures après le déjeuner, pour aller se balader, le temps que la digestion se termine ! Au travail, puisque le mot d’ordre est la productivité et que les horaires ne sont que peu flexibles, la sieste prend alors du sens. Elle permet d’atténuer les effets de la fatigue et offre un regain d’énergie pour terminer la journée. La micro-sieste est également incontournable et salutaire pour les personnes qui manquent de sommeil.

Quels sont les bienfaits de la micro-sieste au travail ?

Associée à l’enfance, au quatrième âge ou aux personnes paresseuses, la sieste a pourtant une revanche à prendre. Des scientifiques, comme le professeur David F. Dinges, chef de la division du sommeil et de la chronobiologie du département de psychiatrie de l’Université de Pennsylvanie, ou Sara Mednick, professeur de psychologie à l’université de Californie, ont respectivement démontré son impact positif sur de nombreux paramètres, tels que la mémoire ou la vigilance, le stress ou la fatigue. Ces conclusions rejoignent celles de Mitsuo Hayashi, professeur à l’Université d’Hiroshima, à propos de la micro-sieste de vingt minutes.

Pour toutes ces raisons, la micro-sieste a séduit les sportifs professionnels, de grands hommes d’affaires et des politiciens. Faire une micro-sieste énergisante après le déjeuner ou à n’importe quel moment jugé opportun permet en effet de :

  • trouver la force d’achever un travail urgent ;
  • booster vos performances ;
  • augmenter votre attention et votre vigilance ;
  • être frais et dispos pour un rendez-vous important ;
  • renforcer votre mémoire ;
  • ne pas perdre la cadence ;
  • améliorer votre humeur ;
  • réduire le stress, ce qui a pour conséquence bénéfique de prévenir les maladies liées au stress oxydatif ;
  • éviter les erreurs et les accidents du travail ;
  • éviter les accidents de la route ;
  • réduire votre dette de sommeil, en cas de manque occasionnel ou chronique.

Comment faire une micro-sieste ?

La micro-sieste est un art accessible à tous ! Comment s’y prendre ? Démonstration :

  • Évitez de boire un café une demi-heure avant de faire votre micro-sieste !
  • Placez-vous dans les conditions idéales pour vous endormir : allongée sur le côté ou sur le dos, dans une pièce obscure et calme. Lorsque vous serez plus entraînée, vous pourrez parvenir à l’endormissement en ayant simplement la tête dans vos bras, sur votre bureau, au milieu de votre open space !
  • Détendez-vous, videz votre esprit, centrez-vous sur votre corps. Concentrez-vous sur votre respiration et contrôlez-la, afin de diminuer votre fréquence cardiaque et de relâcher vos muscles.
  • Laissez-vous gagner par le sommeil. Rassurez-vous, il est normal que vous ne soyez pas totalement coupée du monde extérieur. N’étant pas dans une phase de sommeil profond, vous restez sensible aux stimulis extérieurs.
  • Programmez un réveil cinq minutes plus tard, éventuellement plus, mais jamais au-delà de vingt minutes. Dans le cas contraire, vous risquez de vous faire taper sur les doigts par votre chef ! Vous serez par ailleurs en proie à ce que l’on appelle “l’inertie du sommeil” et vous entrerez dans une phase de sommeil profond qui ne produira pas les effets attendus lorsque vous vous réveillerez. Vous peinerez en effet à émerger et aurez perdu toute motivation. Vous risquez enfin de perturber et entamer le sommeil de la nuit à venir.
  • Buvez un verre d’eau, lavez-vous le visage, afin de signaler à votre corps qu’il est temps de se remettre au travail !

Certaines d’entre vous auront peut-être du mal à se détendre et ne maîtriseront pas chacune des étapes en un claquement de doigt. Néanmoins, avec un peu de persévérance, vous devriez y arriver !

Comment mettre en place la micro-sieste en entreprise ?

C’est un fait désormais connu, les Chinois, les Sud-Coréens et les Japonais ont érigé la sieste au travail en institution. Pour les premiers, ce n’est pas qu’une simple formule. Le droit au repos des travailleurs est en effet inscrite dans l’article 43 de la constitution chinoise de 1982 ! Dans des pays comme la Corée du Sud ou le Japon, où le travail est une priorité et l’excellence une profession de foi, la sieste est indispensable pour tenir le choc. La France s’y met tout doucement, sous l’impulsion des nouvelles normes RSE (responsabilité sociétale des entreprises), dont les considérations relatives à la QVT (qualité de vie au travail) relèvent.

L’instauration d’un rituel micro-sieste ne sera néanmoins pas toujours possible, selon les professions. Il existe toutefois de multiples cadres dans lesquels elle devrait pouvoir s’intégrer :

  • Vous êtes freelance est pouvez organiser votre emploi du temps comme vous le souhaitez : vous n’avez pas d’excuse ! ;
  • Vous êtes commercial, chauffeur routier ou exercez toute autre activité qui implique de nombreux déplacements en voiture, poids lourds ou transports en commun : vous devriez parvenir à trouver cinq ou dix minutes pour faire une pause ;
  • Vous avez la chance de travailler dans une entreprise pourvue d’une salle de sieste : vous avez tiré le gros lot ! ;
  • Vous travaillez dans un bureau individuel : personne ne vous voit, alors profitez-en ! ;
  • Vous vivez à cent à l’heure de 9 h à 19 h ? Organisez-vous avec vos collègues pour que chacun ait dix minutes de pause. Prenez dix minutes sur votre temps de repas, même si vous n’avez que quarante-cinq minutes. Votre corps vous en sera reconnaissant !

Quels que soient votre poste, votre fonction et votre entreprise, essayez d’en parler à votre hiérarchie et à vos collaborateurs, afin de mettre en place des temps de sieste et des espaces consacrés. Prenez contact avec les services de santé au travail si vous ne parvenez pas à vous faire entendre.

Vous avez un coup de barre ? C’est le moment de tester la micro-sieste 😉

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