Faire le zéro déchet rendrait-il plus heureux ? 

Une étude de l’ADEME montre que ​ les personnes qui pratiquent le zéro déchet se sentent plus heureuses. Qu’en est-il réellement ? À l’heure où la société de consommation est à son apogée, est-il possible que faire le zéro déchet, donc consommer moins, nous rende plus heureux ? Je pratique le zéro déchet depuis plus de 4 ans. Comment modifier quelques-unes de mes habitudes a radicalement changé ma vision du monde ? Le zéro déchet me rend-il plus heureuse ?

Le zéro déchet​ ​c’est possible

On pourrait croire qu’il faut d’abord prendre conscience de la situation dramatique de notre planète pour commencer à agir. Non ! Pas forcément. Pour moi, le point de départ a été de me rendre compte que le zéro déchet était possible car d’autres personnes le faisaient déjà. Je savais bien sûr que c’était une bonne chose pour notre environnement, mais je n’avais jamais cherché à approfondir le sujet.

Prendre conscience de l’ampleur de​ ​la catastrophe

Lorsque je me suis immergée dans le zéro déchet, j’ai découvert petit à petit l’ampleur de la catastrophe. J’ai pris conscience progressivement que la situation de la vie sur terre était dramatique. Le zéro déchet nous oblige à faire de nombreuses recherches pour trouver des solutions alternatives. Donc, on découvre des informations sur l’écologie, sur les conséquences de l’utilisation des produits chimiques, du plastique, etc. Et on s’interroge sur les conséquences de ces produits sur notre santé et celle de nos enfants. Alors on a envie d’aller plus loin, et de pouvoir avoir des arguments pour convaincre les sceptiques. Du coup, on se met à lire des livres, à regarder des reportages, et on se rend compte que c’est encore pire que ce qu’on s’était imaginé. À ce moment là, le zéro déchet a été pour moi l’inverse du bonheur mais a plutôt rimé avec mal-être, stress et déprime.

A lire : Toute une année zéro déchet — livre signé Chloé Métahri

Trouver l’équilibre entre zéro déchet et confort

Quand on a accusé un peu le coup, et pris un peu de recul, on peut faire la part des choses et trouver le bon équilibre entre zéro déchet et confort moderne. Je me suis rendue compte que se priver de tout et faire “zéro écart” n’était pas une bonne solution. Parce que ça ne nous rend pas plus heureux, et au bout d’un moment on craque. C’est donc complètement contre-productif. Alors, déconsommation oui, mais sans exagération et en respectant le rythme de chacun. C’est essentiel !

A lire : Salle de bain zéro déchet : mode d’emploi

Le zéro déchet c’est ludique

Au départ, le zéro déchet est un peu comme vivre dans un jeu avec des défis à relever. Faire ses propres produits ménagers et d’hygiène est très amusant, très ludique. Alors, oui ça prend un peu de temps mais en réalité c’est du temps où l’on s’amuse, où l’on prend beaucoup de plaisir. On découvre une nouvelle façon de consommer, une nouvelle façon de manger. On cherche, on tâtonne, puis on trouve des solutions. C’est vraiment très plaisant de voir le résultat de nos efforts. On a la sensation d’avoir accompli quelque chose.

Vivre sainement

Faire le zéro déchet, c’est faire une croix sur les produits tout préparés ou les produits bas de gamme. Forcément, quand on se lance dans le zéro déchet, on ne fréquente plus les mêmes magasins. Si vous étiez habitués à du discount et que vous passez à présent à la Biocoop, vous allez voir une différence sur votre budget de courses. Cependant, il faut être conscient qu’il est primordial de faire passer l’alimentation en priorité dans sa vie : “Nous sommes ce que nous mangeons​”.

Alors bien sûr, si vous comparez le prix du bio emballé et du bio en vrac, le vrac coûtera bien moins cher. Mais si vous comparez du vrac bio à du conventionnel premier prix, c’est sûr que le vrac sera plus cher. Cependant, le produit n’est pas le même, la qualité non plus, ni même le goût. Lorsque vous êtes habitué à manger des produits bio qui ont du goût, il n’est plus possible de revenir en arrière. Nous mangeons au minimum 3 repas par jour, prendre beaucoup de plaisir à chacun d’entre-eux nous rend forcément plus heureux, en plus de nous rendre en forme et en bonne santé.

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Du zéro déchet au minimalisme

Le zéro déchet a fait gonfler notre budget de courses, mais pourtant nous avons toujours la même somme à la fin du mois. Comment est-ce possible ? En fait, nous avons transféré nos différents budgets vers celui des courses. Lorsqu’on se rend compte de l’état de notre planète, acheter n’est plus source de plaisir mais source de stress et d’angoisse. Par conséquent, le zéro déchet nous entraîne à moins consommer et à consommer différemment. C’est-à-dire qu’au lieu de dépenser des sommes folles dans des vêtements neufs, nous les achetons d’occasion et nous en achetons beaucoup moins souvent qu’auparavant.

Nous avons d’ailleurs désencombré notre maison. Pour cela, nous avons donné, vendu, échangé… Tous les objets que nous avons vendu, nous ont permis d’avoir une rentrée d’argent supplémentaire. Il y a aussi des produits que nous n’achetons plus du tout : produits d’entretien, nappes, crème pour les mains, etc. Le fait de ne plus beaucoup consommer, d’avoir moins d’objets chez soi et d’avoir un intérieur moins encombré nous libère du temps. En effet, nous avons moins de ménage à faire, moins d’objet à déplacer et à ranger. De ce fait, nous avons l’esprit également moins encombré, nous nous sentons plus libre, plus zen, donc plus heureux. Notre esprit est dégagé, libre de se concentrer sur ce qui compte.

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Le zéro déchet favorise le lien social

Avant de faire le zéro déchet, je faisais mes courses en grande surface, et je ne discutais avec personne, la seule personne que je voyais était la caissière à qui je disais bonjour et au-revoir. Maintenant, comme je fréquente plusieurs magasins de proximité, je discute avec les commerçants, avec les différentes personnes qui me servent le fromage, le jambon, le café… En plus de discuter environnement et zéro déchet, tous ces échanges créent du lien social. Et le lien social contribue grandement au bonheur, on le sait !

En bref, le zéro déchet rend heureux ou pas ?

En fin de compte, faire l’autruche et penser que le monde va continuer sur sa lancée sans s’auto-détruire est illusoire. Prendre conscience que la fin de l’humanité est proche provoque un réel choque mais n’est-ce pas nécessaire pour avancer dans la bonne direction ? Car une fois le coup de massue passé, on est prêt à agir, à vivre mieux, à partager, à entrer dans l’ère de la déconsommation. Et c’est ça qui rend heureux !

Alors ? Prêt à vous lancer dans le zéro déchet ? Dites-le dans les commentaires, mais faites attention, vous risqueriez de trouver bonheur, bien-être et zénitude…

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