Oser la vie : le magnifique témoignage de Julie

Nouvelle interview, nouveau bonheur ! Aujourd’hui, après vous avoir fait découvrir Argyre, je vais donner la parole à Julie. Peut-être le savez-vous maintenant, mais je fonctionne beaucoup aux coups de cœur et Julie en fait partie. Nous nous sommes rencontrés dans le cadre personnel, et Julie fait partie de ces femmes qui ont opéré un virage à 180 ° dans leur vie.

Ce qui est extraordinaire lorsque l’on est témoin de ces histoires, c’est de constater à quel point l’énergie, le recentrage sur soi-même, sur ses valeurs et ses envies est une source inépuisable de bonheur. Julie s’épanouit, Julie se délecte et Julie nous raconte !

Mais qui est Julie ?

Tu peux nous dire qui tu es en quelques mots ?

Bonjour, je suis … je suis … très bonne question tiens, comment vais-je me décrire ? Je suis un homo sapiens sapiens de genre féminin né à l’aube des années 80. Je suis très curieuse et dynamique, il paraît que je suis tombée dans la potion magique lorsque j’étais petite ! Je ne suis pas certaine d’être faite pour ce 21ème siècle si rapide et virtuel, mais je m’accroche.

Et que fais-tu dans la vie Julie ?

Je respire, je mange, je dors … hihi ! Plus sérieusement, en ce moment, je suis en reconversion professionnelle, je me forme à la naturopathie.

Comment tu décrirais ton métier à un enfant ?

Un naturopathe, c’est quelqu’un qui regarde comment tu es (grand, petit, large, fin, carré, rond), qui te demande ce que tu aimes et ce que tu n’aimes pas (plutôt pâtes ou haricot vert ? explorateur ou inventeur ? 1er debout ou dernier levé ? bavard ou timide ?). Ça sert à te donner des conseils pour être en pleine forme. On parle de ce qu’il faudrait manger (ou pas trop manger), de comment bouger et respirer, de quand et comment se reposer.

Raconte-nous ton parcours

J’ai une formation d’ingénieur agroalimentaire, spécialisée en gestion de flux ou SupplyChain comme on dit maintenant. J’ai travaillé pendant 12 ans dans l’industrie agro. Vu que j’ai l’organisation dans la peau, ça s’est plutôt bien passé pour moi. J’ai changé de poste régulièrement, pris de plus en plus de responsabilités, en France, puis en Belgique et en Allemagne. Une vraie « executive women » quoi !

Sauf que quelques mois après avoir percé le plafond de verre, j’ai réalisé que j’avais le blues du business man. Au lieu de me dire « j’ai réussi et j’en suis fière » (la la la la), je me disais plutôt « mais qu’est-ce que je fous là ? ». Impression omniprésente de perdre ma vie à la gagner. Constat amer que je faisais fausse route, que mon travail manquait de sens à mes yeux.

J’ai fini par décider de faire le grand saut : lâcher ma carrière et ses avantages, pour me réorienter vers un métier tourné vers l’humain, plus en accord avec mes valeurs.

Cite-nous 3 choses dont tu es fière

  • D’avoir fait la moitié sud du GR20, le fameux chemin qui traverse la Corse. Une semaine de marche en montagne avec un sac de 10 kg sur le dos, c’était un sacré défi pour le Pimousse que je suis ! Tiens d’ailleurs la moitié nord m’appelle !
  • D’avoir pris cette décision de ME donner la priorité.
  • D’avoir su être présente pour les gens que j’aime quel que soit le contexte et la distance.

Tu te vois comment dans 5 ans ?

Je vois une femme rayonnante, qui a trouvé son équilibre entre une vie professionnelle épanouissante et rémunératrice et une vie personnelle riche, entourée de sa famille et de ses amis. Le tout dans un environnement proche de la nature.

Questions rapides (en quelques mots)

  • Es-tu plutôt thé ou café ? Thé vert
  • Es-tu plutôt sucré ou salé ? Les deux ! Ça ne se voit pas forcément, mais je suis gourmande (gourmande-gourmet en fait).
  • Plutôt soirée pépère à la maison entre amis ou boîte de nuit ? Soirée à la maison entre amis … avec option sono parce que j’adore danser !
  • Ta méthode de relaxation sans faille ? Marcher dans la nature ou si ce n’est pas accessible une séance de cohérence cardiaque.
  • Ton geste écolo du quotidien ? Un seul ? Argh. Prendre le moins possible ma voiture, préférer marcher ou prendre le vélo (du coup c’est un geste forme aussi).
  • Ton secret beauté bien gardé ? Je ne garde pas, je partage : sourire, assurément !
  • Ta meilleure lecture ? Ohlala choisir est impossible, ni en lecture, ni en musique, ni en film, etc !
  • Cites-en une comme ça, sans réfléchir. « Libérez votre cerveau ! Traité de neurosciences pour changer l’école et la société » d’Idriss Aberkane. Je trouve le fonctionnement du corps humain en général, et du cerveau en particulier, épatant.
  • Ta chanson préférée ? Idem lecture, je refuse de choisir, en plus j’ai des goûts musicaux hyper éclectiques.
  • Ton film chouchou c’est quoi ? Allez je me force, je te fais une demi-réponse. J’aime beaucoup l’univers (les univers !) des films de Pedro Almodovar.
  • Question de poilu : tu es plutôt chien ou chat ? Chat, pour son indépendance.
  • Quel est ton super-pouvoir le plus fou ? L’empathie, je sens plutôt bien les gens et les situations.
  • Ton rêve récurrent c’est quoi ? (positif ou non) : Que je suis dans une situation où je dois fuir et que je n’arrive plus à marcher, c’est l’horreur !
  • Un mot qui te paraît plus important que tous les autres. Amour, au sens XXXLarge.
  • Un petit plaisir honteux à nous avouer ? J’adore me baigner nue, ça compte ?
  • TON moment de la journée et pourquoi ? Le réveil, parce qu’une nouvelle page est à écrire chaque jour.

On veut savoir plus !

Il y a presque 2 ans tu avais une très bonne place dans une grosse société de l’agroalimentaire. Tu as fait le choix de quitter une situation confortable pour te former à la naturopathie. Peux-tu nous raconter la genèse de ce grand écart ?

Bien sûr, le point commun déjà : l’alimentation. Sur la brochure de mon école d’ingé, il était écrit « nourrir les hommes ». Sauf que durant la 1ère partie de ma vie professionnelle, j’avais plutôt l’impression de nourrir un système. Petit à petit, mes convictions personnelles se sont affinées dans un sens opposé à mon contexte professionnel. Pour te donner un exemple concret : je privilégie dans mon quotidien la proximité, le respect des saisons et je bossais dans une multinationale en expansion continue, qui distribue les mêmes produits toute l’année (sans jugement aucun, c’est ce que ses clients attendent). Bref, je faisais le grand écart !

A un moment donné, j’ai bien du me rendre à l’évidence : je n’étais plus à ma place dans mon job, tout enviable soit-il aux yeux de la société !

J’ai pris le temps de me poser et de réfléchir via un bilan de compétence. Assez rapidement, le métier de naturopathe s’est dessiné. Parce que l’alimentation est au cœur de ma vie depuis longtemps et que les gens venaient déjà parler de cela avec moi. Parce que selon moi, pour être en bonne santé, il faut bien manger et prendre soin de son corps et de sa tête, ce qui constitue les piliers de la naturopathie : alimentation, activité physique et respiration, gestion du stress et des émotions.

Est-ce que tu as eu peur à un moment donné ?

Pardi ! Avant d’entériner la décision surtout. Lâcher mon job c’était lâcher ce pour quoi j’avais dépensé tant d’énergie pendant des années, lâcher un revenu fixe et confortable, lâcher mon équipe aussi et partir affronter le regard des autres, aller au-devant du vide et de l’inconnu.

Mais une fois que le processus a été lancé, j’ai foncé et je dois dire que j’ai reçu plus de soutien que ce à quoi je m’étais attendue !

Et vu que je ne suis pas Wonder Woman, j’ai encore peur parfois, mais comme la peur n’évite pas le danger, je continue ma route.

Quelle a été la réaction de tes proches lorsque que tu as pris cette décision ?

Je suis pleine de gratitude envers mes proches, parce que tous m’ont soutenu. Nombre d’entre eux avaient bien perçu la dichotomie entre Julie et Mme La Directrice SupplyChain et ils m’ont encouragée. Leurs questionnements, parfois, m’ont aidé aussi à affiner ma vision.

Est-ce que la naturopathie s’inscrit dans une philosophie de vie pour toi ?

Parfaitement, oui. La naturopathie c’est un art de vivre, on prodigue ce que l’on appelle des conseils en hygiène de vie. La naturopathie c’est réaliser l’importance de la qualité du carburant que je donne à mon corps pour qu’il puisse fonctionner au mieux et l’interdépendance entre physique et mental aussi. Au-delà de l’individu, c’est penser au lien humain-humain et aux liens humains-environnement, car l’homme n’est rien sans la nature, sans les arbres qui fournissent de l’oxygène, sans l’eau, les végétaux et les animaux dont nous nous nourrissons.

Tu as plein d’autres activités par ailleurs, peux-tu nous en décrire une et nous dire ce qu’elle te procure ?

Depuis presque 5 ans, je pratique la Biodanza® ou « danse de la vie », discipline créée dans les années 60 par un anthropologue et psychologue chilien. En Biodanza®, pas de chorégraphie ni de pas imposés. Durant la séance, on suspend la parole pour mettre l’intellect en sourdine, permettre au corps de s’exprimer et laisser émerger la joie de vivre (rien que ça !).

Dans les phases tendues de mon ex-activité professionnelle, cela m’a sauvée (du burn-out certainement) ! C’était ma bouffée d’oxygène de la semaine. Je posais mes préoccupations au vestiaire, je débranchais ce cerveau sur-sollicité et je me reconnectais à moi-même.

Depuis un an, j’ai entamé un processus de formation pour devenir facilitatrice de Biodanza®, mon activité future sera faite à minima de naturopathie et de danse.

Est-ce que selon toi, ton parcours t’a aidé à mieux aimer et écouter les autres ?

Mon parcours m’a permis de réaliser très concrètement que la vie n’est pas une autoroute, qu’elle est faite de carrefours, parfois de côtes ardues, d’autres fois de descentes agréables ou vertigineuses et que chacun fait comme il peut avec ce qu’il est à l’instant t.

Ce chemin de vie m’a déjà permis de plus m’écouter et de mieux m’aimer moi, aucun doute que cela affecte aussi ma façon d’écouter et d’aimer mon prochain !

Tu veux partager avec nous une expérience qui t’a marquée dans ta nouvelle vie ?

Ma nouvelle vie me surprend régulièrement. Ce qui continue de me sidérer, c’est à quel point la vie nous présente exactement ce qu’il faut au bon moment … pourvu qu’on lui en laisse la possibilité.

Par exemple, la vie m’a faite déménager de Strasbourg au Var, pour mieux me permettre de venir vivre dans les Hautes-Alpes ensuite. Ou encore, elle m’a servie sur un plateau LE job idéal cet été : presque sans chercher, dans ma ville, super sympa et qui m’a permis de développer mon réseau là où je vais m’installer en 2020. C’est magnifique !

Tu as créé un blog Vie-Talité pour partager ton expérience. Pourquoi as-tu eu envie de créer ce blog ?

Lorsque j’ai entrepris ma reconversion professionnelle, beaucoup de gens me posaient des questions sur ce processus (dont une certaine Valérie d’ailleurs !). J’ai eu à cœur de partager mon expérience au-delà de mon cercle relationnel.

Cela n’a pas été simple de passer le pas et de m’exposer ainsi sur la toile. La petite voix rabat-joie me disait « Pour qui te prends-tu pour raconter ta vie ainsi ? Qui va s’intéresser à ça à part tes proches ? ». Et puis aussi « Toi, écrire ?! Tu es une scientifique, pas une littéraire ! ».

Au final, j’aime beaucoup partager ce que je vis. Je le fais à mon rythme, parce que je privilégie le live au virtuel, aussi parce que j’ai besoin de digérer ce que je vis avant de le retranscrire. Et j’aime beaucoup les échanges que cela peut susciter avec mes lecteurs, ils amènent parfois un éclairage autre qui enrichi le contenu de mes articles. Je vous invite à découvrir mon blog Vie-Talité.

Quel est le plus beau compliment que tu aies reçu et qui t’a le plus touché ?

Je suis gâtée là encore, j’ai reçu de nombreux témoignages touchants. Ce qui me vient là, c’est un message reçu d’un ami il y a quelques semaines. Il m’a écrit « Garde à l’esprit que tu es une étoile pour moi. Alors tu brilles et je me nourris de tes lumières ». What else ?

Si tu devais définir tes moteurs en 3 mots ? Qu’est-ce qui te fais avancer ?

Curiosité. Rencontres. Amour et je triche en rajoutant gratitude et mouvement !

Qu’est-ce qui te rend heureuse aujourd’hui ?

De me sentir à ma place, aussi bien en formation, que dans mon lieu de vie, dans mes fréquentations et mes activités. Je ressens une profonde unité dans les différentes sphères de ma vie, une cohérence que je savoure d’autant plus qu’elle m’a fait défaut pendant des années.

Quels conseils souhaiterais-tu donner aux femmes ?

  • De s’aimer et de prendre soin d’elles, quelle que soit la forme que ça prend à leurs yeux.
  • De demander de l’aide lorsqu’elles en sentent le besoin. A l’impossible nul n’est tenu.
  • De s’attarder sur le beau, le bon, le bien, un peu chaque jour.

Merci Julie !

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